Sans Napoléon

de Porquoi pas?


La révolution française, et en général toutes les révolutions dites « atlantiques », furent des périodes de désordres tels que la pratique de l’uchronie vient de soi. Cela se vérifie surtout en France où durant dix ans les projets et les utopies politiquent se sont multipliées et entrechoquées. Je voudrais donc imaginer une autre fin à la Révolution. Je vois la chose ainsi :

Le Directoire est le régime qui fut instauré après la chute de Robespierre. Commence alors une période de la révolution où le peuple a perdu le pouvoir de changer le cours des choses, les grands mouvements d’insurrection populaire et de foi révolutionnaire sont terminés. La révolution s’est créée de nouvelles institutions, le peuple fait place à « la France ». Le Directoire était un régime imparfait pour de multiples raisons et surtout parce que les pouvoirs législatifs et exécutifs n’avaient aucunes prises l’un sur l’autre, obligeant en cas de conflit entre eux à recourir à la force. Durant son existence le régime connu ainsi quatre coups d’Etat opérés par l’exécutif en place con le législatif hostile, en quatre ans. Donnant ainsi un poids exagéré aux militaires dans la vie du pays, spécialement à l’un d’eux.

Tous savaient alors que le régime ne durerait pas, les choses changeraient d’une manière ou de l’autre. On pouvait imaginer trois schémas en dehors des quelques conjurations et complotes jacobins, royalistes et protocommunistes :

1) La solution envisagée par Barras. Il traite secrètement à partir de 1798 avec Louis XVIII pour rétablir la monarchie. La majeure partie du peuple souhaite la paix et la stabilité et accepterait un monarque constitutionnel, de plus les élections législatives donnaient régulièrement les monarchistes vainqueurs. De plus Louis XVIII était prêt au compromis comme celui d’accepter une constitution et de pardonner les offenses, c’est ce qu’il fera en 1814. Cette évolution semblait la plus probable et elle serait probablement advenue sans la présence de Napoléon Bonaparte.

2) La solution de Sieyès, un autre des directeurs. Une solution républicaine sauvegardant les acquis de la révolution dans un nouveau régime plus stable, le consulat. Il prévoyait un coup d’Etat dirigé par lui-même avec l’aide d’un général fidèle et populaire, une « épée ». Au départ le choix s’était porté sur le général Joubert mais il mourut à la bataille de Novi, les espérances se déplacèrent alors sur Bonaparte. Sieyès se pensait assez fin pour manipuler ce militaire, on connaît le résultat. 

3) la Solution de Bonaparte lui-même. Un pouvoir autoritaire et populaire entre ses mains. Cette solution répondait aux évolutions de la révolution qui a fait naître une armée Nation d’où ont émergés des chefs charismatiques et capables. Ce fut l’empire.

Maintenant tuons Napoléon Bonaparte et voyons ce qui aurait pu se passer.

27 juillet 1794 (9 thermidor an II) : Maximilien Robespierre, chef du Comité de Salut Public, est arrêté sur ordre de la Convention. C’est la fin de la politique de Terreur et des exécutions de masse. Les milieux politiques et militaires favorables à l’Incorruptible sont épurés, parmi eux le cas le plus célèbre reste celui du capitaine Napoléon Bonaparte, exécuté alors qu’il était à peine quelques semaines avant le héros du siège de Toulon. La Convention est alors dominée par un groupe de politiciens modérés parmi lesquels Paul Barras.

8 juin 1795  (20 prairial an III) : mort en prison du jeune Louis XVII, fils de Louis XVI et roi de droit, après une cruelle agonie. Louis de Bourbon, comte de Provence et frère de Louis XVI, se proclame roi de France depuis son exil en Westphalie et prend le nom de Louis XVIII.

5 octobre 1795  (13 vendémiaire an IV) : insurrection royaliste à Paris. Les insurgés tentent de s’emparer de la Convention mais Paul Barras, appuyé par quelques officiers efficaces reste ferme. Le colonel Joachim Murat fera chargé sa cavalerie sur les rebelles tandis que Guillaume Brune les réduira en pièce en usant de canons contre les derniers résistants de l’église Saint-Roch. Barras devient le sauveur de la République et l’ennemi des royalistes.

26 octobre 1795 (4 brumaire an IV) : la Convention adopte la réforme de l’Etat, instaurant le régime di Directoire. La France entre dans une phase modérée concluant les grands mouvements révolutionnaires. Le gouvernement exécutif est formé par 5 directeurs : Paul Barras, Jean François Reubell, Louis de La Révellière-Lépeaux, Etienne Le Tourneur et Lazare Carnot.

4 septembre 1797 (18 fructidor an V) : Paul Barras organise un coup d’Etat contre le pouvoir législatif qui penchait de plus en plus dans le camp royaliste. Le Directoire se transforme dans les faits en triumvirat dominé par Barras, Reubell et La Révellière, exerçant un pouvoir toujours plus autoritaire avec le soutien de l’armée.

7 octobre 1797 (16 vendémiaire an VI) : les généraux Kellermann et Masséna signent pas paix avec l’Autriche sur ordre du Directoire. Ils récoltent les fruits d’une campagne réussie en Italie qui a permis de s’emparer de Milan. Sur le Rhin les généraux Jourdan et Moreau passent à leur tour à l’offensive. Le traité de paix est le triomphe des armées révolutionnaires et de leur coordination sur le plan européen. Il en résulte de congrès de Rastadt et la dissolution de la première coalition. La Grande Bretagne reste seule face à la France.

11 mai 1798 (22 floréal an VI) : Barras organise un nouveau coup d’Etat contre les assemblées qui s’opposent aux directeurs. Le système du Directoire montre chaque jour un peu plus ses limites. Barras se rend compte de ces limites et face à l’instabilité commence le long chemin mental vers une solution pacifique et définitive.

Septembre 1798 (fructidor an VI) : Autriche, Russie, Angleterre, Naples et l’empire ottoman déclarent la guerre la France et forment la seconde coalition. Le Directoire doit de nouveau faire face à toute l’Europe mais il est accusé d’avoir provoqué cette guerre par son incompétence et son irresponsabilité. Gâchant les efforts et les sacrifices des soldats révolutionnaires morts.

18 juin 1799 (30 prairial an VII) : les directeurs opèrent un nouveau coup d’Etat contre les assemblées que les élections avaient fait passer massivement dans le camp royaliste. L’Etat atteint des sommets de désorganisation et d’impopularité. Pour Barras la voie devient claire, la légalité électorale ne peut que porter au pouvoir les royalistes et le peuple souhaite la paix et la stabilité. Aller contre ces réalité signifie avoir recours toujours plus à la violence jusqu’à la dictature militaire, cette solution le laisserait sans défenses face à des généraux populaires comme Kléber ou Masséna. De plus Barras est très corruptible et il risque à tout moment d’être arrêté par n’importe quel parti. Il décide donc d’ouvrir des négociations secrètes avec Louis XVIII pour restaurer la monarchie à ses conditions à lui.

Septembre 1799 (fructidor an VII) : la révolte royaliste de Vendée renaît de ses cendres mais étrangement le Directoire ne prend pas de mesures radicales pour lutter contre les rebelles comme il le devrait. La mobilisation contre les royalistes se fait lentement.

9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII) : le directeur Sieyès est arrêté par Fouchet sur accusation de haute trahison. Il préparait un coup d’Etat pour renverser le Directoire et instaure un triumvirat républicain dominé par lui. Par bonheur après la mort de son complice, le général Joubert, à la bataille de Novi, il lui avait manqué un militaire de haut rang pour l’aider.

10 novembre 1799 (20 brumaire an VIII) : Barras profite de la découverte du complot de Sieyès pour réunir en urgence les assemblées, se faire donner les pleins pouvoirs et révéler les négociations avec Louis XVIII. Appuyé par le parlementaire et ancien évêque Talleyrand il réussit à faire accepter ses décisions. Les assemblées proposent officiellement au comte de Provence une Charte constitutionnelle garantissant les libertés nées de la révolutionnaire, notamment la déclaration des droits de l’homme, et imitant le système politique anglais. Les assemblées conditionnent aussi leur accord à une amnistie totale pour les parlementaires régicides de Louis XVI et les crimes politiques commis durant les dix ans de la Révolution. Et surtout Barras demande que toutes les acquisitions de biens, de terres et les grades d’officiers dans les armées soient reconnus et confirmés. Les assemblées, contraintes aussi par les troupes fidèles à Barras ratifient ces conditions en envoient une ambassade en Prusse où se trouve Louis XVIII. Parmi eux seul Lucien Bonaparte, frère du capitaine de Toulon, proteste contre le coup de force et parvient à s’échapper, il entre en clandestinité avec d’autres jacobins radicaux.

26 décembre 1799 (6 frimaire an VIII) : Déclaration de Hamm, Louis XVIII accepte toutes conditions posées par les assemblées et Barras et jure de respecter tout et tous en France, sans esprit de vengeance. De plus il demande officiellement aux coalisés d’arrêter les combats contre les troupes françaises durant le temps de la transition pacifique. Cette attitude conciliante aplanit toutes les difficultés dans le chemin vers la restauration.

1er janvier 1800 (12 nivôse an VIII) : traité de Berlin, Louis XVIII signe avec Talleyrand, représentant du gouvernement, le traité autorisant le retour de Louis XVIII en France, il est reconnu « prince des Français » en attente de la restauration officielle. Dans le traité Louis XVIII signe aussi officiellement la Charte Constitutionnelle.

28 janvier 1800 (9 pluviôse an VIII) : Paul Barras, nommé premier ministre de transition, signe un concordat avec l’Eglise catholique mettant fin à la rupture religieuse née de la Révolution. En Vendée les rebelles déposent les armes.

1er mars 1800 (11 ventôse an VIII) : journée de vote en France. Les citoyens doivent voter par referendum pour ou contre la restauration et aussi élire un nouveau parlement. La restauration est approuvée « librement » à 89% tandis que les royalistes modérés obtiennent la majorité de sièges. Cependant un certain nombre de siège a été réservé, par accord secret, à des républicains modérés pour maintenir une opposition démocratique. Les ultras royalistes sont furieux de ces compromis et marchandages et se sentent privés de revanche, mais au moins la paix et la stabilité sont garanties.

24 août 1800 (7 fructidor an VIII) : entrée officielle de Louis XVIII, roi des Français, à Paris. La république est abolie et la monarchie parlementaire est restaurée. Le roi s’installe au palais des Tuileries, accueilli par Talleyrand et Barras, auteurs de l’accord de paix. Le même jour devant le parlement Louis XVIII accepte le drapeau tricolore et chante même la « Marseillaise », il jure devant le peuple rassemblé au champ de Mars de respecter et défendre la Charte. Le peuple est enthousiaste même si les royalistes radicaux restent silencieux et hostiles à ce qu’ils considèrent comme une trahison, ils n’acceptent pas non plus la faveur de Barras qui reste pour eux le boucher de vendémiaire.

1801 : Congrès d’Amiens. Les coalisés et la France se réunissent pour mettre fin à la guerre en Europe. Les combats se sont arrêtés un an plus tôt à la demande de Louis XVIII revenu sur le trône. La France est représentée par Talleyrand et elle négocie en position de force. Ses armées non pas été vaincues et son prêtes à reprendre la lutte, de plus les coalisés avec la restauration ont perdus leur caution morale de faire cette guerre. Après 6 mois de négociations le traité est signé. Les républiques sœurs sont abolies et rendues à leurs princes respectifs, leur souveraineté est cependant garantie,  aucune répression politique n’y sera acceptée et des constitutions locales, copiées sur celle de la France seront adoptées. La France conserve ses frontières de 1795, c'est-à-dire avec la Wallonie, la Flandre est annexée aux Pays-Bas. Elle obtient aussi une bonne part de la rive gauche du Rhin jusqu’à Mayence ainsi que Nice. L’Autriche et la Prusse obtiennent de notables gains territoriaux en Italie et en Allemagne. L’Angleterre obtient des avantages commerciaux et le paiement de certaines réparations pour sa marine. Enfin les Etats européens s’associent au sein d’une alliance, dite la Sainte Alliance, composée de la Grande Bretagne, la France, la Prusse, la Russie, l’Autriche et d’autres Etats mineurs. Cette alliance se fonde sur les idées britanniques pour un nouvel ordre européen. Les souverains décident aussi la création d’un congrès européen des princes se réunissant avec l’aide des diplomates pour régler les litiges internationaux. La paix s’instaure en Europe.

1804 : Paul Barras doit quitter son poste de premier ministre sous le coup d’accusations de corruption, qui sont vraies. Il tombe en disgrâce et doit quitter le pays. Talleyrand est appelé par le parlement et le roi au gouvernement. Cet homme intelligent, astucieux, libertin, cynique et libéral conduira une politique d’une rare efficacité. Il réussit à se maintenir dix ans durant au pouvoir bien que détesté par les républicains et les royalistes qui, les uns comme les autres, le surnomment le « vice ». Il met son complice Fouchet à la tête du ministère de la sécurité intérieure. Masséna est nommé générale en chef des armées royales. Les nobles exilés durant la révolution rentrent progressivement dans un pays où ils ne reconnaissent plus rien et tentent de restaurer leur ancienne vie. Mais la loi acceptée par le roi les empêche de revendiquer leurs terres et leurs biens perdus. Ces rapatriés tombent ainsi dans la fureur et la revanche, formant des groupes ultras royalistes hostiles à la Charte et revendiquant le retour à la monarchie absolue.

1805 : Louis XVIII créé la Légion d’honneur, récompense illustrant la nouvelle noblesse née de la révolution. C’est nouveaux nobles, ou nobliaux reçoivent le titre honorifique de baronet, sauf exceptions royale. Cette nouvelle classe possède la richesse et l’influence et surpasse la vieille noblesse en déclin. Cette vieille noblesse réactionnaire et absolutiste se range autour de Charles, comte d’Artois et frère du roi.

1808 : Congrès d’Aix-la-chapelle. L’Espagne est admise dans la Sainte Alliance. Les royaumes membres se mettent d’accord pour contrôler en coopérant les mouvements populaires révolutionnaires menaçants même si Talleyrand parvient à sauvegarder les idées de progrès social, de droits de l’homme et de liberté d’expression comme n’étant pas des idées terroristes.

1810 : Talleyrand prend en France des mesures, copiées sur celle de la Grande Bretagne, en faveur du développement des machines à vapeur, faisant naître en France la révolution industrielle.

1813 : Congrès de Paris : l’Autriche de Metternich et la France de Talleyrand imposent aux autres membres l’idée d’un « droit d’intervention » dans tous les pays alliés menacés par la révolution ou une guerre « injuste », renforçant l’ordre européen.

1814 : les ultras gagnent de sièges au parlement et luttent contre les réformes les plus libérales. Ils font échouer notamment le projet d’étendre le droit de vote à tous les citoyens. Ils s’opposent à Talleyrand et lancent une campagne d’attaques verbales et physiques contre les libéraux et les républicains au nom de la vengeance. Durant une période de 6 mois le pays est secoué par cette « Terreur blanche ». Ainsi à Marseille plusieurs vétérans des guerres révolutionnaires sont massacrés durant des émeutes et des foyers de guerre civile renaissent dans plusieurs provinces.

1815 : la « Terreur blanche » pousse Talleyrand à convoquer de nouvelles élections avec l’accord du roi. Cette fois ci, en réaction à la violence réactionnaire les Jacobins radicaux font leur retour au parlement. Ce retour provoque chez les plus inquiets la peur d’un retour aux grands mouvements populaires révolutionnaires. De plus le chef jacobin Lucien Bonaparte profite de cette occasion pour revenir en France et tenter de soulever les provinces contre le roi. Cependant ses complices à Paris échouent à soulever la capitale. Dans ce climat de guerre civile le duc de Berry, fils de Charles d’Artois et héritier potentiel au trône, est assassiné par un ouvrier.

1816 : la situation insurrectionnelle en France fait planer la menace d’une intervention militaire de la Grande Bretagne et de l’Autriche inquiètes. Talleyrand, en accord avec le roi, est contraint à des mesures radicales. La Charte est suspendue pour 6 mois, l’armée est déployée dans le pays et les généraux Masséna et Murat reçoivent l’ordre de remettre de l’ordre et de punir les agitateurs, quel que soit leur parti. La Provence, terre jacobine, est mise à feu et à sang, notamment avec la bataille de Banon où les milices jacobines sont dispersées. En Vendée ce sont les ultras qui sont réprimés dans le sang, provoquant la mort des derniers vétérans de la chouannerie, jamais récompensés ou reconnus par le roi.

1817 : l’ordre est enfin restauré dans le pays, au prix de grandes violences. Le roi, fatigué des accusations de tyrannie ou d’ingratitude décide de reporter la faute entièrement sur Talleyrand qui est disgracié. Le duc de Richelieu devient le nouveau premier ministre et instaure une politique conservatrice, il fait passer plusieurs lois limitant les libertés concédées par la Charte. Talleyrand, furieux, promet de se venger.

1820 : Congrès de Vienne. Après la révolte française les royaumes membres décident à l’unanimité d’instaurer une commission permanente de l’Alliance qui sera chargée de réagir au plus vite et demander la mobilisation immédiate des princes. C’est la naissance de la « commission européenne ».

1821 : début de la guerre d’indépendance grecque.

1822 : en France la police découvre la conjuration républicaine, dite « des quatre sergents », qui unissait les jacobins français aux carbonari italiens sous la conduite de Lucien Bonaparte retourné dans la clandestinité. Peu de temps après le fils de ce dernier, Louis Napoléon Bonaparte, entre lui aussi dans les mouvements révolutionnaires. La même année au Congrès de Vienne la commission et les royaumes membres demandent à la France une intervention immédiate en Espagne contre la menace des libéraux révolutionnaires réunis à Cadix.

1823 : intervention française en Espagne pour soutenir le trône de Ferdinand VII.

16 septembre 1824 : décès du roi Louis XVIII, son frère le comte d’Artois devient le roi Charles X. avec lui ce sont les ultras qui arrivent au pouvoir. Mais ils doivent affronter un parlement hostile et plus modéré. Le peuple aimait Louis XVIII comme restaurateur de la paix, de la liberté et de la stabilité, même après les évènements de 1815. Par contre ils voient Charles X comme un extrémiste partisan de l’absolutisme et du passéisme. Son arrivée sur le trône est vue avec peur et le régime perd ainsi de nombreux soutiens.

1825 : ayant enfin obtenu la majorité au parlement les ultras adoptent la loi « du milliard des émigrés » qui dédommage les nobles exilés des biens perdus durant la révolution. C’est la mesure la plus symbolique de la politique ultra du nouveau roi qui ne souhaite rien de moins que d’effacer tout ce qui s’est passé depuis 1789.

1826 : la commission européenne, face au risque aux risques révolutionnaires en Grèce décide de soutenir l’indépendance grecque pour mieux la contrôler.

1827 : bataille de Navarin. Par le fruit du hasard la flotte ottomane est anéantie par les escadres britannique, française et russe. Les royaumes membres de l’Alliance sont alors entraînées dans la guerre d’indépendance grecque.

1928 : la Russie attaque l’empire ottoman tandis que les Français débarquent et occupent le Péloponnèse avec l’aide des rebelles grecs.

1829 : Traité de paix d’Andrinople entre l’Alliance et l’empire ottoman. Istanbul reconnaît l’indépendance du royaume de Grèce.

26 juillet 1830 : Charles X, renforcé par sa victoire contre les Turcs, tente d’imposer son pouvoir absolu à l’assemblée. Il souhaite suspendre les droits fondamentaux garantis par la Charte au moyen de quatre décrets dits « scélérats ». Il en résulte une explosion de violence révolutionnaire dans tout le pays. La situation politique était déjà tendue, les années précédentes avaient vu grandir la crise sociale née de la révolution industrielle au moment où les orgueilleux ultras insultaient les acquis et symboles de la Révolution et que les libertés étaient chaque jour plus rognées. De plus Charles X avait face à lui une opposition politique dirigée par le talentueux Talleyrand qui désormais voulait la fin des Bourbons.

27-28-29 juillet 1830 : les « Trois Glorieuses ». Trois jours d’insurrection populaire à Paris qui contraignent Charles X à prendre la fuite. Talleyrand et son disciple préféré, Adolphe Thiers profitent de l’occasion pour manipuler les insurgés et appeler au pouvoir le duc d’Orléans Louis Philippe pour préserver la monarchie constitutionnelle et éviter l’intervention militaire des puissances européennes. Ils ont recours à de nombreuses promesses et aux discours de grands orateurs tel Victor Hugo, qui commence alors sa carrière politique. Charles X est contraint à abdiquer et ira finir sa vie en Grande Bretagne. Louis Philippe est nommé roi des Français par le parlement et restaure dans sa totalité la Charte, à laquelle il jure fidélité. C’est le début de la monarchie de juillet qui met fin à la révolution.

1831 : Congrès de Coblence. L’Alliance, mise devant le fait accompli, reconnaît Louis Philippe 1er comme roi des Français. Talleyrand redevient premier ministre et triomphe. La Sainte Alliance profite aussi de ce congrès pour organiser le nouveau royaume de Grèce dont la couronne est offerte ay prince allemand Otton de Wittelsbach. La même année la Pologne se révolte contre le joug russe.

1836 : La commission européenne décide de ne pas intervenir en Pologne et reconnaît le droit de la Russie à maintenir l’ordre. Cracovie est mise à feu et à sang, la répression est terrible.

17 mai 1838 : décès de Charles Maurice de Talleyrand-Périgord. Le vieil homme d’Etat était vieux et malade depuis longtemps. Peu de temps avant mourir le roi Louis Philippe 1er vient lui rendre visite. Le vieil homme lui confesse : « Sire, je souffre comme un damné. » et le roi de répondre : « Déjà ? ». Ainsi meurt le « vice » comme l’appelait le peuple, il avait soutenu deux révolutions, trahit vingt rois et empereurs, sans parler des papes. Au lendemain de sa mort les Parisiens, qui ne lui pardonnent pas la révolution volée de 1830, commentent avec humour les paroles du diable accueillant le prince évêque : « Prince, vous avez dépassé mes consignes ! ».

1840 : Louis Philippe prononce la grâce de Lucien Bonaparte, mort il y a peu et permet à son fils Louis Bonaparte à rentrer dans le royaume. Cela fait partie d’une mise en scène du gouvernement pour se gagner les faveurs des républicains qui ont obtenu de bons résultats aux élections. Louis Bonaparte devient bientôt le chef des différents mouvements groupes républicains et retourne la bonne volonté du roi en s’opposant à la politique du gouvernement.

1846 : la France connaît une terrible crise agraire qui provoque une crise financière importante. Dans les provinces éclatent des troubles et des émeutes réprimées par la police sur le conseil du ministre Thiers. Le chômage des ouvriers devient un problème majeur et préoccupant. La tension sociale et le climat de violence répandent l’inquiétude dans le pays.

Février 1848 : Louis Philippe 1er, inquiet de l’opposition républicain, tente d’interdire leurs réunions. Cela provoque l’insurrection de Paris. Le roi refuse de provoquer une nouvelle guerre civile et préfère renoncer de lui-même au pouvoir, il abdique et s’exile en Grande Bretagne. Le vide subit du pouvoir permet à un groupe de républicains dirigés par le poète Lamartine de proclamer la Seconde République. Parmi leurs premières décisions ils proclament l’abolition de l’esclavage. Les autres puissances européennes, elles aussi empêtrées dans des révolutions nationalistes, sont dans l’incapacité de réagir.

Juin 1848 : de nouvelles insurrections éclatent à Paris où la République ne parvient pas à endiguer la misère, la crise sociale et économique se poursuit et les chômeurs sont encore nombreux. Les désordres persistants fatiguent les bourgeois et la classe moyenne qui s’allient au parti républicain d’ordre de Louis Bonaparte, bien que républicain ce dernier est fondamentalement hostile à l’anarchie.

Décembre 1848 : Louis Bonaparte remporte à la majorité les élections présidentielles et devient le premier présidente de la République. C’est la fin de la république « romantique » et le début de la république autoritaire. L’année 1848 a vu éclaté de nombreuses révolutions, ce « printemps des peuples » a vu éclore les aspirations nationales des Allemands et des Italiens et le désir de liberté des Polonais, des Hongrois, des Autrichiens et de bien d’autres. Le chaos provoqué met fin à la Sainte Alliance et à la commission européenne, elle ne sera pas restaurée. C’est la fin du premier européisme, conservateur, monarchique et militariste. C’est le début de l’ère des nationalismes.

2 décembre 1851 : Louis Bonaparte prend le pouvoir et suspend l’assemblée, il prend le contrôle du pays par la force dans le but de restaurer l’ordre et la monarchie. Après avoir réprimé toute protestation des républicains et révolutionnaires il demande au petit fils de Louis Philippe 1er de rentrer dans le pays pour monter sur le trône. Philippe VII devient roi des Français mais c’est un très jeune souverain, jouet des volontés du régent Louis Bonaparte. C’est la deuxième restauration ou monarchie de décembre.

2 décembre 1852 : après de longues négociations la république est de nouveau abolie et Philippe VII fait son entrée officielle dans Paris aux côtés de Louis Bonaparte. Le régent promulgue une nouvelle Charte, le suffrage universel est garanti mais seuls les candidats autorisés par le régent peuvent se présenter. Louis Bonaparte instaure une véritable dictature personnelle dénoncée par Victor Hugo en exil. Le petit roi Philippe VII n’est qu’une figure de paille enfermée dans les Tuileries.

1858 : le régent Bonaparte décide d’engager la France dans les affaires italiennes. Il déclare la guerre à l’Autriche au nom de l’unification de la péninsule. Il se lance dans cette guerre sanglante en emmenant avec lui le roi Philippe VII « pour faire son éducation militaire », le jeune souverain en conservera toujours une horreur pour le sang et la guerre après avoir assisté aux boucheries de Marengo et Solferino. Toujours avec son attitude imprévisible le régent décide brusquement de faire la paix avec les Autrichiens et demande au Piémont, en paiement de ses services, Nice et la Savoie. Il tente de faire célébrer son intervention comme un triomphe et en comparant Philippe VIII à ses ancêtres Charles VIII et François 1er.

1861 : l’intervention française a permis aux Piémontais de prendre l’avantage dans la péninsule, Victor Emmanuel II de Savoie est proclamé roi constitutionnel d’Italie. Rome reste cependant sous la protection des armées françaises envoyées par le régent Bonaparte.

1866 : avec la bataille de Sadowa la Prusse écrase l’Autriche-Hongrie et conquiert l’hégémonie de tous les Etats allemands malgré les efforts de Bonaparte. Début du déclin autrichien. Otto von Bismarck, chancelier de la Prusse dirige les efforts d’unification de l’Allemagne contre la France.

1870 : guerre franco prussienne. Bismarck profite des tensions avec la France pour déclencher une guerre unifiant tous les Allemands contre les Français. Les Prussiens gagnent facilement la guerre. Bismarck proclame l’empire d’Allemagne avec Guillaume 1er à sa tête. Bismarck exige aussi à Philippe VII prisonnier de déchoir et condamner le régent Bonaparte, jugé responsable de la guerre. À Paris le choc de la défaite provoque l’insurrection des nationalistes et des socialistes qui proclament une éphémère Troisième République, ou République Socialiste. Philippe VII trouve refuge à Versailles et confie au vieux Adolphe Thiers et au maréchal de Mac-Mahon  le soin de réprimer l’insurrection. Thiers signe aussi la paix avec l’Allemagne, acceptant la perte de la rive gauche du Rhin, du Luxembourg, de l’Alsace et de la Lorraine ainsi que le paiement de réparations de guerre. Une fois débarrassé des Allemands Thiers peut s’occuper des républicains parisiens. 

1871 : l’armée royale pénètre dans Paris et entame une dure semaine de reconquête sanglante face aux républicains. L’influence de la République Socialiste était restée cantonnée dans la capitale et les hommes de Mac-Mahon doivent combattre dans chaque rues et immeubles. La reconquête de Paris prendra un mois, un mois de massacres et de destructions. Une bonne partie de la ville part en fumée, notamment le palais royal des Tuileries (Philippe VII restera ensuite à Versailles). Malgré son écrasement le mouvement parisien servira de mythe et d’exemple pour les futures révolutions marxistes, c’est aussi la dernière révolution basée seulement le peuple des villes.

1875 : chute du gouvernement Thiers. Le ministre doit abandonner le pouvoir face à l’hostilité de Philippe VII qui ne lui pardonne pas les atrocités commises en son nom à Paris. Philippe VII soutient un mouvement politique modéré favorable aux compromis avec les libéraux et les républicains pour restaurer l’unité nationale. Il accepte de transformer la Charte en Constitution par laquelle il perd la plupart de ses pouvoirs politiques exception faite du veto dont il refusera toujours de se servir et d’intervenir dans la vie politique du pays. Il est le premier souverain de France à accepter et soutenir la vie politique démocratique de son pays, scellant la réconciliation entre la monarchie et la démocratie, mais provoquant là encore la colère des royalistes radicaux qui dès lors se tournent vers l’extrême droite et réclament sur le trône le petit fils de Charles X. C’est le véritable acte de naissance de la monarchie parlementaire française et marquera la fin de l’ère des révolutions en France. Le suffrage universel est maintenu et aux élections suivantes les républicains modérés remportent la majorité.

1881 : la France instaure l’éducation laïque, gratuite et obligatoire pour tous. Le pays poursuit sa voie vers la modernisation sociale et politique. Le peuple français approuve très largement désormais la monarchie parlementaire et ses institutions, d’autant plus qu’elle a apporté une vie politique bien plus calme.

1888 : décès de Guillaume 1er empereur d’Allemagne. Après le bref règne de son fils Frédéric IV c’est au tour de son petit fils, Guillaume II, de monter sur le trône.

1894 : décès de Philippe VII le démocrate, roi des Français, son fils Philippe VIII monte sur le trône et jure fidélité à la Constitution.

1914 : l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc autrichien François Ferdinand entraîne une réaction en chaîne des différentes alliances militaires européennes. L’Europe est entraîné dans une guerre globale, la première guerre mondiale. Dans les quatre années qui suivent des millions de jeunes européens meurent dans les tranchées sans résultat.

Mars 1917 : la Russie, affaiblie par les défaites militaires et la crise économique, sociale et alimentaire, est emportée par la révolution. Le tsar Nicolas II est déposé et les bolcheviks de Lénine prennent le pouvoir.

Avril 1917 : la nouvelle de la révolution marxiste en Russie fait souffler sur les têtes couronnées d’Europe un vent de panique. Parmi eux le roi des Français Philippe VIII, qui comme son père a horreur de la guerre sans avoir les moyens de l’empêcher, prend l’initiative de réclamer la paix. Il trouve un soutien inattendu chez le président américain Woodrow Wilson qui demande aux Etats européens de signer une paix sans vainqueur (Wilson est d’autant plus décider à œuvrer pour la paix que son pays vient d’entrer dans la guerre et qu’il préfèrerait qu’elle soit finie avant que ses boys arrivent dans les tranchées). À ces initiatives l’empereur d’Autriche-Hongrie Charles 1er répond en envoyant en mission diplomatique secrète Sixte de Bourbon Parme, cousin lointain de Philippe VIII, auprès des alliés. Pour la première fois le roi des Français fait valoir tout son poids et menace d’abdiquer pour que la France entame des négociations menées par Aristide Briand. Cet engagement pacifiste fera que Philippe VIII sera détesté des nationalistes qui le traitent de lâche et de traître.

20 mai 1917 : le royaume de France et l’empire d’Allemagne signent une trêve restreinte à leurs deux pays, tous les autres pays belligérants les imitent bientôt.

1er août 1817 : début de la conférence internationale de paix de Strasbourg réunissant France, Grande Bretagne, Italie, Allemagne, Autriche-Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Serbie et empire ottoman, la Russie révolutionnaire en est exclue, encore plus après la révolution bolchevique en octobre suivant. Les négociateurs travaillent sur la base d’une « paix blanche » selon l’expression du pape Benoît XV. Aux centres des attentions la France et l’Allemagne acceptent le Grand Compromis : la France récupérera l’Alsace et la Lorraine tandis qu’elle reconnaît la souveraineté allemande sur la rive gauche du Rhin. Le Luxembourg pourra choisir sa nationalité par referendum (en 1922 ils choisiront l’indépendance). En compensation à ces restitutions la France donne à l’Allemagne ses colonies d’Afrique équatoriales, cet échange sert aussi de compensation à la renaissance d’un Etat polonais à l’Est. Les nationalistes de tous les pays crient au scandale et refusent le compromis mais le désir de paix parmi les peuples est suffisamment fort pour justifier le geste, pour la plupart la guerre semble se conclure de manière juste. De leur côté la Grande Bretagne et l’Allemagne signent un compromis naval sur le rapport de force entre leurs flottes respectives. L’Italie obtient le Trentin par compromis avec l’Autriche-Hongrie prétentions de la Serbie sur la Bosnie sont repoussées ainsi que celles des autres mouvements indépendantistes. L’Allemagne accepte la renaissance d’un Etat polonais à l’Est sur les terres conquises sur les Russes ainsi que la Silésie autrichienne donnée par Charles 1er toujours en vue d’un compromis général. Seul l’empire ottoman, depuis longtemps mis à mal est démembré par les Européens réunis. Le traité de paix rappellent pour certains l’esprit de la paix d’Amiens en 1802 et laisse de nombreux mécontents, notamment en Italie et en Serbie où circulent des idées de victoire confisquées par la France et l’Allemagne.

1919 : Congrès de Versailles. France et Allemagne, malgré les destructions encore récentes de la guerre décident de coopérer militairement contre le danger communiste en URSS et le danger des mouvements nationaux indépendantistes en ébullition à travers le continent. Ils décident avec la Hollande, la Grande Bretagne, l’Autriche-Hongrie et la Pologne de redonner vie à la commission européenne, organisme de défense dirigé contre les Soviétiques.

1920 : face à l’agitation sociale et politique née en Allemagne durant la guerre l’empereur Guillaume II accepte une nouvelle constitution pour le Reich. Le Reichstag est désormais élu au suffrage universel et le Reich devient une monarchie parlementaire. Une certaine autonomie est concédée aux différentes länder  et minorités composant l’empire. C’est la naissance du Troisième Reich, ou Reich parlementaire.

La même année l’Armée Rouge soviétique envahit la Pologne du maréchal Josef Pilsudski mais elle est arrêtée sur la Vistule, face à Varsovie avec l’aide de renforts allemands et français. Dans la paix qui suit la Pologne double son territoire contre l’URSS et renforce ses liens avec l’Allemagne et les autres pays européens. Elle reconnaît officiellement sa frontière avec le Reich.

1922 : le fasciste Benito Mussolini prend le pouvoir en Italie et instaure une dictature fasciste hostile à l’entente franco-allemande et aux traités de 1917. Il coupe immédiatement tout liens avec es pays démocratiques. La même année l’empereur autrichien Charles 1er, son fils Otton monte sur le trône sous le nom de François Joseph II, il y est encore de nos jours.

1923 : Richard Coudenhove-Kalergi publie son ouvrage « Paneuropa » où il développe ses idées pour une union du continent typiques de ce qui deviendra le second européisme, pacifiste et coopératif. Ces idées commencent à rencontrer beaucoup d’audience dans les chancelleries européennes.

1924 : face à la multiplication des mouvements indépendantistes l’Autriche de l’empereur François Joseph II doit concéder une constitution fédérale à l’empire. Les royaumes fédérés de Hongrie, Bohême, Slovaquie, Croatie et Bosnie obtiennent un statut d’autonomie. Mais cela ne suffit pas éteindre l’agitation des nationalistes slaves proserbes dans le Sud.

1925 : en Serbie le général Milan Nedic prend le pouvoir à Belgrade avec le soutien de Mussolini. Il fait enfermer le roi Alexandre 1er dans son palais et instaure un pouvoir fasciste fondé sur l’identité des Slaves du Sud, ou Yougoslaves. Il veut ainsi réunir l’ensemble des Balkans dans une unique nation slave et orthodoxe.

1926 : décès du roi des Français Philippe VIII le pacifiste, son fils Jean III monte sur le trône et jure fidélité à la Constitution. La même année la France et l’Allemagne signent un accord de coopération dans les domaines du charbon et de l’acier auquel adhèrent aussi la Pologne, la Hollande et la Mitteleuropa (nom pris par l’empire austro-hongrois).

1929 : krach de la bourse de Wall Street, elle provoque une grave crise économique mondiale. Les effets en Europe sont terribles mais moindres qu’aux USA puisque la coopération européenne en développement a permis de créer un marché commun au niveau du continent qui a permis aux économies nationales de se maintenir.

1930 : traité d’alliance Briand Stresemann. Toujours avec à l’esprit la menace communiste et les risques d’explosion des Balkans la France et l’Allemagne annonce officiellement leur alliance à laquelle adhère la Mitteleuropa menacée au Sud par la Serbie et l’Italie, à l’Est par l’URSS.

1931 : l’Italie, la Serbie et la république turque signent un traité d’alliance militaire donnant le champ libre dans les Balkans. Quelques semaines plus tard la Serbie envahit la Bulgarie avec l’aide turque et annexe le pays malgré les protestations européennes qui refusent pourtant d’intervenir dans l’esprit de la diplomatie pacifiste de 1917.

1933 : Traité d’Amsterdam, naissance de la Communauté européenne comprenant la France, l’Allemagne, la Mitteleuropa, la Hollande et la Pologne. Cette organisation vise à créer un marché unique européen qui serait un espace de coopération et de paix. Elle se double d’alliances militaires communes. Elle est aussi conçue pour faire concurrence aux USA au niveau de l’industrie. La même année le royaume de Serbie devient officiellement l’empire de Yougoslavie, le dictateur Nedic essaie de présenter son pays comme l’héritier de Constantinople et de son roi fantoche un nouveau basileus byzantin.

1934 : après de faux incidents de frontière la Yougoslavie de Nedic attaque la Roumanie.

1935 : la Roumanie est écrasée et capitule, elle devient un Etat vassal de la Yougoslavie et perd toute la Transylvanie.

1936 : la guerre civile éclate en Espagne entre les républicains alliés aux communistes et les militaires de Franco alliés aux fascistes. Franco entend lutter contre la démocratie, le pacifisme, le communisme, l’européisme et la ploutocratie.

1938 : la France et l’Allemagne créent une brigade militaire mixte dirigée par un commandement mixte. L’objectif est de former une force capable de réagir immédiatement à la guerre qui se profile dans les Balkans. La Grande Bretagne refuse de participer.

1939 : l’Italie et la Yougoslavie se mettent d’accord pour envahir et occuper l’Albanie. En Espagne la guerre civile s’achève sur la victoire de Franco. Le caudillo instaure un régime autoritaire et s’allie à l’Italie et à la Yougoslavie ainsi qu’au Portugal de Salazar, créant un axe fasciste du Sud de l’Europe.

1940 : décès du roi des Français Jean III l’Européen. Son fils devient le roi des Français Henri V. l’Italie, la Yougoslavie et la Turquie envahissent la Grèce et divisent entre eux le pays. La communauté européenne refuse encore d’intervenir.

1941 : décès de l’empereur d’Allemagne Guillaume III, son fils, le Kronprinz, devient l’empereur Guillaume III et jure fidélité à la constitution de 1920. Dans le même temps l’axe fasciste méditerranéen signe un traité de non-agression avec l’URSS, la guerre se rapproche à grand pas. En décembre de la même année les USA sont attaqués à Pearl Harbour par le Japon, début de la guerre du Pacifique.

1942 : incident de Sarajevo, comme en 1914 la guerre éclate dans cette ville. Le parti fasciste bosniaque, interdit par Vienne tente un coup Stresemann pour chasser les Autrichiens mais échoue à proclamer l’indépendance. Immédiatement la Serbie accuse Vienne de massacrer les Slaves et déclare la guerre à la Mitteleuropa. Nedic préparait cette guerre depuis plus de vingt ans et profite de l’occasion, laissant Mussolini dans l’ignorance, il devra suivre tant bien que mal son allié. L’Italie, la Roumanie, la Turquie, l’Espagne et le Portugal suivent la Yougoslavie dans la guerre. Face à l’attaque de l’un de ses alliés l’Allemagne, la France, la Hollande et la Pologne entrent en guerre. La Grande Bretagne reste neutre. Début de la guerre européenne entre le Nord démocratique et le Sud fasciste. Dans les mois qui suivent les combats ont principalement lieu en Bosnie, en Slovénie et en Espagne. La frontière franco-italienne ne bouge pas trop car aucun des deux pays ne veut subir de destructions aussi directes. L’Espagne et l’Italie portent cependant la guerre en Afrique contre les colonies françaises.

1943 : guerre d’Espagne, la France envahit la péninsule ibérique et lutte contre l’armée et les Phalangistes fascistes. La Catalogne tombe facilement grâce à une révolte populaire et un gouvernement espagnol démocratique est instauré à Barcelone autour de la personne de Jacques III, fils du défunt roi d’Espagne exilé Alphonse XIII, et des républicains modérés. Dans les Balkans l’Allemagne et la Pologne arrivent en renforts des troupes autrichiennes épuisées alors que des insurrections indépendantistes éclatent dans tout le pays.

1944 : l’URSS décide de profiter de la situation pour entrer en guerre contre les fascistes et les Européens en même temps. La Pologne et la Roumanie sont envahies. L’offensive soviétique retarde l’avancée allemande dans les Balkans et les obligent à aller aider la Pologne. Dans le même temps le Portugal, peu actif dans la guerre, signe une paix séparée.

1945 : le front se stabilise en Pologne tandis que la Roumanie tombe entièrement entre les mains soviétiques et que la Bulgarie est envahie. Les Allemands de leur côté pénètrent en Serbie et en Italie. Les Français remportent la bataille navale de Tanger et prennent Madrid et Séville avec l’aide des Forces Espagnoles Libres. La guerre se termine en Espagne où Franco se rend en septembre et signe sa capitulation. Les troupes françaises libérées du front espagnol sont envoyées en Afrique et la flotte française fait débarquer ses troupes en Sardaigne et en Sicile. La Marine Royale lance aussi diverses opérations dans les îles grecques.

Août 1945 : les USA lancent leur nouvelle arme, la bombe atomique sur deux villes japonaises, le Japon capitule peu après. Les USA entrent immédiatement dans les affaires chinoises en appuyant massivement les nationalistes contre les communistes.

1946 : la Turquie craignant la menace soviétique, le pouvoir d’Ankara rompt avec les fascistes et s’allie avec les Européens au moment où son armée entre en contact avec l’Armée rouge en Bulgarie. La Serbie tombe aux mains des alliés et Belgrade est occupée. Les dernières troupes de Nedic se réfugient en Grèce occupée. En Italie aussi l’avancée des alliés montre que la fin est proche. Mussolini est destitué et l’Italie entame des négociations de paix.

Décembre 1946 : les dernières troupes fascistes commandées par Nedic capitulent à Thessalonique, la Grèce libérée demande aux alliés leur aide contre les Soviétiques.

Septembre 1948 : début des négociations de paix entre l’URSS et la Communauté européenne. Les Soviétiques maintiennent le front mais découvrent que la France et l’Allemagne coopèrent à la construction de bombes atomiques qui seront bientôt terminées. Le traité de paix est donc signé à Varsovie. La Pologne est évacuée par les Soviétiques. La Bulgarie et la Roumanie, bien qu’indépendants deviennent des républiques populaires soumises à Moscou par le Pacte de Bucarest. Quelques années plus tard l’Albanie et la Grèce tomberont aussi sous la coupe de régimes communistes. Début de la guerre froide entre Europe et URSS. En Chine l’intervention américaine a permis de sauver le régime nationaliste face aux communistes cependant une république populaire de Chine séparée est fondée plus à l’Est avec Kumming pour capitale. Les USA soutiennent l’Europe dans la guerre froide.

1949 : Congrès de Rome. L’avenir de l’Europe occidentale est décidé. L’Italie, la Serbie et l’Espagne sont évacuées par les troupes alliées et redeviennent des monarchies parlementaires. Les partis fascistes sont mis hors la loi. Les trois anciens vaincus adhèrent à la communauté européenne, leurs armées ne seront reconstituées que dans le cadre de forces communautaires. La Mitteleuropa a été le champ de bataille de cette guerre et est largement ruinée, de plus elle est toujours traversée par des mouvements indépendantistes dangereux. Les alliés décident donc de la sacrifier, la Hongrie, la Slovaquie et la Bosnie deviennent pleinement indépendants tandis que la Bohême et la Slovénie obtiennent des statuts d’autonomie large mais maintenant un lien confédéral avec Vienne.

1950 : la communauté européenne se dote d’un fond de reconstruction européen destiné à rebâtir les pays vaincus du Sud. Cette générosité s’explique aussi par le besoin d’endiguer les partis communistes locaux qui prônent la révolution. Ainsi dix ans plus tard les économies italienne et espagnole seront devenues des modèles de développement.

1950-1953 : guerre de Corée opposant a Corée du Nord alliée à la Chine populaire et la Corée du Sud appuyée par la Chine nationaliste.

1951 : décès de l’empereur allemand Guillaume III, son devient Ludwig 1er empereur des Stresemann allemands et jure fidélité à la constitution.

1956 : crise de Suez, les forces européenne et britannique parviennent à faire chuter le pouvoir arabe nationaliste de Gamal Abdel Nasser en Parme Cette réussite sert de leçon éclatante à ceux qui prétendent que les pays européens ne sont plus que des puissances réduites face aux USA et à l’URSS.

1957 : traité de Vienne, la communauté européenne devient l’Union européenne, un parlement européen est élu au suffrage universel même la plus grande partie des pouvoirs restent au Conseil européen rassemblant les Stresemann Ce traité conclue la phase de coopération économique pour une phase d’intégration.

1960 : fondation du l’OTAN, organisation militaire unissant les forces européennes et américaines face aux Soviétiques. Pour la première fois les Européens reconnaissent la puissance américaine comme une puissance égale à la leur qui contrôle quasiment tout le Pacifique (tandis que l’Atlantique reste largement britannique).

1961 : Crise de Pékin, les relations entre les deux Chines empirent et un mur de séparation, appelé « mur de Pékin » est construit par les autorités de Kumming.

1962 : avec l’indépendance de l’Algérie s’achève pour la France la période de la décolonisation, le départ des colonies s’est fait dans la violence contrairement aux colonies allemandes mais le résultat est le même : l’Europe ne possède plus l’Afrique et l’Asie mais elle continue à y avoir de l‘influence.

1970 : les royaumes européens déclarent leurs économies suffisamment intégrées pour permettre la réalisation du projet de monnaie unique européenne, ce sera le florin européen mis en circulation en 1975.

1972 : la Grande Bretagne, l’Irlande et le Danemark adhèrent à l’Union européenne et à toutes ses institutions, mêmes militaires.

1979 : traité de Nice qui confirme dans sa voie intégratrice l’Union européenne. Les pouvoirs du parlement de Strasbourg sont augmentés et les compétences du Conseil sont éclaircies pour permettre la naissance d’une véritable vie politique européenne.

1981 : après la chute du régime de Salazar, dernier régime autoritaire d’Europe occidentale, le Portugal adhère à l’Union.

1989 : Chute du mur de Pékin. Le régime communiste de l’URSS s’effondre par la faute de la crise interne et entraîne avec lui autres régimes soviétiques. Les deux Chine sont réunifiées et pékin redevient la capitale et s’engage dans la voie de la modernisation, devenant en quelques années la première puissance industrielle du monde.

1991 : l’URSS cesse d’exister et laisse la place à la République fédérale de Russie ainsi que de nouvelles républiques indépendantes.

1992 : traité de Maastricht, l’Union adopte une constitution pour l’Europe entière qui la transforme en une confédération de nations représentées symboliquement par leurs souverains héréditaires et politiquement par des représentants élus.

1994 : mort de l’empereur Ludwig 1er, son fils devient Frédéric V empereur constitutionnel des Stresemann allemands.

1995 : la Suède et la Finlande adhèrent à l’Union européenne.

1999 : décès d’Henri V, Henri VI devient roi constitutionnel des Français.

2001 : les USA sont touchés par une série d’attentats terroristes islamistes.

2002 : la Roumanie, la Bulgarie, Chypre et Malte entrent dans l’Union européenne.

2003 : les USA envahissent l’Irak et renversent le régime de Saddam Hussein, l’Europe unie refuse de suivre les Américains dans cette guerre, créant un net refroidissement dans les relations des deux plus grandes puissances mondiales.

2004 : Finalement l’Union européenne entre à son tour dans la guerre contre le terrorisme après les attentats islamistes de Madrid et de Londres.

2007 : la Grèce et l’Albanie adhèrent à l’Union européenne avec les trois pays baltes. Le continent européen est alors presque entièrement réunis.

Et l’histoire se poursuit…

Pourquoi pas ?


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